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Trois reportages suivent :

Pas d’accord avant plusieurs jours entre Bamako et les Touaregs

Le Monde, avec AFP | 13.06.2013

Les intenses tractations menées mercredi [12 juin] à Bamako ont échoué à convaincre le pouvoir malien de signer le compromis accepté par les rebelles touaregs occupant Kidal (nord). “Nous avons l’espoir d’aboutir dans quelques jours”, a tempéré Pierre Buyoya, chef de la force africaine déployée au Mali (Misma). Cet accord doit permettre un retour de l’armée malienne dans la ville, auparavant refusé par les mouvements touaregs, dans la perspective de la présidentielle du 28 juillet, une élection jugée cruciale par la communauté internationale.

Pierre Buyoya faisait partie d’une délégation de diplomates et partenaires internationaux (ONU, Afrique de l’Ouest, Union européenne, France, entre autres) qui ont accompagné à Bamako le médiateur burkinabè pour un entretien avec le président malien de transition Dioncounda Traoré, qui a duré plus de six heures. Par cette visite impromptue, les diplomates espéraient d’arracher le feu vert des autorités maliennes dans la foulée des négociations menées avec des émissaires des deux camps depuis le weekend dernier à Ouagadougou.

La signature de l’accord entre la délégation des autorités maliennes, conduite par l’ex-ministre Tiébilé Dramé, et la délégation conjointe touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), était d’ailleurs initialement attendue mardi dans la capitale du Burkina Faso. “Dès demain (jeudi), nous allons poursuivre les négociations à Ouagadougou”, a indiqué le chef de la Misma.

Selon lui, l’entretien mené avec le président Traoré n’avait “pas du tout pour but de signer un document” le jour même. Pourtant beaucoup, y compris le chef de la diplomatie française Laurent Fabius – qui soutenait ce “bon texte” – espéraient bel et bien l’épilogue pour ce mercredi.

Selon des participants, les négociations bloquent toujours sur le cantonnement et le désarmement des rebelles. Pour les groupes touareg, leurs éléments seront cantonnés “avec leurs armes” et désarmés seulement une fois un accord final signé avec les autorités maliennes légitimes installées après la présidentielle, et conférant un “statut particulier” à l’Azawad, terme par lequel les autonomistes désignent la région septentrionale du Mali. Bamako considère au contraire que le désarmement doit se faire dans la foulée du regroupement des combattants.

Les discussions achoppent également sur la question des mandats d’arrêt lancés par la justice malienne contre des chefs du MNLA : ce mouvement en réclame la levée, mais Bamako y tient au nom de la lutte contre l’impunité. “On ne peut pas passer sous silence tous les crimes commis par les groupes armés”, a expliqué un officiel malien.

Les rebelles touareg se sont installés fin janvier à Kidal à la faveur de l’intervention militaire française, appuyée par la Misma, contre les groupes islamistes armés liés à Al-Qaida. Les djihadistes avaient pris en 2012 le contrôle du nord du Mali, s’alliant d’abord au MNLA qui avait lancé l’offensive, avant d’évincer ce mouvement dans la région.

La Minusma, la mission onusienne attendue au Mali en juillet et qui absorbera la force africaine, devrait encadrer l’armée malienne à Kidal au moment de l’élection. Pour les représentants touareg, il s’agit de “garde-fous” qui éviteront des “vengeances” de l’armée malienne une fois revenue dans la cité. Les cas de représailles à l’encontre des Touareg et des communautés arabes dans le nord du Mali ont diminué depuis la mi-mars, a affirmé mercredi l’ONU à Genève, relevant toutefois une persistance des violations des droits de l’homme.

Dans leur rapport sur les enfants et les guerres, les Nations unies affirment que des centaines d’enfants – principalement des garçons de 12 à 15 ans – ont été recrutés par des groupes islamistes, des rebelles touareg et des milices gouvernementales dans le nord du Mali.

Au Mali, le noeud de Kidal

Le Parisien, 13 juin, 2013

Depuis plus de cinquante ans, le Mali vit au rythme des aspirations indépendantistes des rebelles touaregs du nord du pays. C’est dans cette zone quasi désertique que l’on trouve ces Maliens à la peau claire qui donnent du fil à retordre au pouvoir central de Bamako. Lourdement armés et déterminés, ces rebelles du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) ont lancé leur 4e rébellion début 2012 avec l’aide de combattants venus de la Libye voisine après la chute de Kadhafi. En quelques semaines, l’armée malienne reflue vers le sud et, le 6 avril 2012, le MNLA réalise son rêve en proclamant l’indépendance de l’Azawad, ce territoire qui s’étend sur une large partie du nord du Mali. Du coup, des groupes terroristes comme Aqmi, le Mujao et Ansar Dine ont prospéré à Tombouctou, Gao et Kidal avant d’évincer les rebelles touaregs laïcs du MNLA. Une situation qui a duré jusqu’à l’intervention militaire décidée en janvier par François Hollande contre la présence terroriste au Mali.

Les rebelles du MNLA ont su tirer leur épingle du jeu en proposant d’épauler la force Serval dans sa traque des jihadistes. Aujourd’hui, la France veut une élection présidentielle au Mali, qui devrait se tenir le 28 juillet, et donc à Kidal, occupé par les rebelles touaregs qui en ont fait leur fief. Or, dans l’état actuel des choses, un scrutin ne peut s’y tenir puisque l’administration est totalement absente.

Dons européens à venir

Mais si l’organisation de cette élection est une priorité pour Paris, elle l’est aussi pour Bamako car c’est la condition pour le déblocage des promesses de dons faites à Bruxelles en mars. La somme promise suffit à elle seule à pousser le gouvernement et les rebelles touaregs à négocier : elle s’élève à près de 3,25 Mds€. De l’argent dont Bamako a cruellement besoin pour reconstruire le Mali et lancer un grand plan de développement dans le Nord, réclamé par les Touaregs qui ont renoncé à leur revendication d’indépendance.

Reste à trancher la question du désarmement du MNLA. Bamako souhaite voir les rebelles déposer les armes avant le scrutin, tandis que les rebelles ne veulent rien lâcher dans l’immédiat. Quelle que soit l’issue des pourparlers, une chose est certaine, le plus dur est sûrement à venir tant la méfiance entre Bamako et les rebelles est grande. Un accord qui ne proposerait pas un statut juridique, politique et spécifique de ce territoire du nord du Mali n’ouvrirait pas la voie à une paix durable mais à une nouvelle rébellion armée.

 

Mali : des enfants forcés à combattre, détenus avec des adultes et torturés

Rapport publié par Amnesty International, 14 juin 2013

 

Mali : la France ralentit le retrait de ses soldats

Par David Baché, Le Figaro, 13/06/2013

Initialement, l’armée française avait prévu de ne plus compter que 2000 hommes au Mali1 à partir du 1er juillet. Ils devraient finalement être entre 3 000 et 3 500, d’après un porte-parole de l’armée française à Bamako2. «Il s’agit d’un ordre de grandeur, précise cette source, il n’y a aucun objectif chiffré précis.» Le désengagement des troupes françaises au Mali a commencé au début du mois d’avril, près de quatre mois après le début de l’intervention dans le pays. L‘effectif des soldats français est ainsi passé de 48003, au plus fort du dispositif de l’opération Serval4, à 3 500 hommes actuellement. «On ne va pas trop baisser dans les semaines à venir, poursuit le porte-parole de l’armée française, cela va dépendre des besoins. Si on utilise des avions, par exemple, il faut qu’on mobilise tous les hommes nécessaires pour les faire fonctionner.»

La France a décidé de maintenir «un effectif conséquent» de soldats au Mali en vue de l’élection présidentielle5, dont le premier tour est prévu le 28 juillet et le second le 11 août. «Ce sont les Nations unies qui sont en charge de la sécurisation de l’élection, explique encore le militaire français, mais on sait qu’ils vont se tourner vers nous.» L’objectif final de ce désengagement, à savoir la réduction des troupes à un millier de soldats français d’ici à la fin de l’année, est en revanche maintenu.

Pression sur le président malien

Pendant ce temps, la signature d’un accord entre l’État malien et les rebelles touaregs du MNLA 6 (Mouvement national de libération de l’Azawad) se fait toujours attendre. Des négociations qui portent sur la situation de la ville de Kidal7, toujours contrôlée par le groupe rebelle, en vue de la présidentielle de juillet. Hier après-midi, le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, Djibril Bassolé, qui joue le rôle de médiateur, s’est même rendu à Bamako en compagnie de diplomates occidentaux et africains afin de tenter de convaincre le président malien de transition, Dioncounda Traoré8, d’accepter le texte qui lui a été soumis.

Engagées à Ouagadougou en début de semaine, les négociations ont abouti lundi soir à un projet d’accord. Le MNLA et ses alliés du HCUA (Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad) ont accepté le texte, mais les autorités maliennes bloquent sur certains points. La version actuelle de l’accord prévoit le retour de l’administration malienne à Kidal afin de permettre la tenue de l’élection présidentielle, mais également un retour progressif de l’armée. Pendant la période électorale, les combattants du MNLA acceptent d’être cantonnés et désarmés, à condition que leurs armes soient gardées par les troupes onusiennes de la Minusma. Un accord sur le fond du différend territorial qui oppose les deux parties resterait à discuter avec les autorités issues, justement, de l’élection de juillet.

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Liens:
1 http://plus.lefigaro.fr/tag/mali
2 http://www.lefigaro.fr/mon-figaro/2013/04/28/10001-20130428ARTFIG00144-la-france-a-t-elle-accompli-sa-mission-au-mali.php
3 http://plus.lefigaro.fr/tag/operation-serval
4 http://www.lefigaro.fr/international/2013/05/28/01003-20130528ARTFIG00626-mali-le-compte-a-rebours-electoral-a-commence.php
5 http://plus.lefigaro.fr/tag/mnla
6 http://www.lefigaro.fr/international/2013/06/03/01003-20130603ARTFIG00634–kidal-le-mnla-arrete-des-soldats-maliens.php
7 http://www.lefigaro.fr/international/2013/06/06/01003-20130606ARTFIG00409-mali-francois-hollande-durcit-le-ton-contre-le-mnla.php
8 http://video.lefigaro.fr/figaro/video/mali-l-objectif-a-ete-atteint-hollande/2422592691001/
9 http://www.lefigaro.fr/mon-figaro/2013/04/28/10001-20130428ARTFIG00144-la-france-a-t-elle-accompli-sa-mission-au-mali.php

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